La Momie et la Tempête

et la « Curiosité Égyptienne » en Provence au début du XVIIe siècle

Dans la première partie du XVIIe siècle, un homme consacre son énergie à se procurer des objets étranges provenant de tous les horizons. Il voue à l’Égypte, son histoire, ses momies, ses hiéroglyphes et à la langue copte, dont il offrira au jésuite Athanase Kircher de multiples moyens d’en aborder l’étude, une part importante de ses investigations. Cet homme n’est autre que Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (Aix, 1580-1637), curieux au sens que son siècle donne à ce terme.

Désireux de tout savoir sur ces Égyptiens, il organise vers les Échelles du Levant, dans une méditerranée où les navires se livrent une guerre de course ou pratiquent la piraterie, deux voyages dont la finalité est de réaliser un rêve : posséder un cabinet de curiosités égyptienne et d’Histoire naturelle. Un capucin, le père Théophile Minuti, sera chargé de mener à bien cette opération, en liaison avec Rome, où Peiresc compte de nombreux amis, et en relation avec les consuls et les membres des Nations françaises au Levant. Ce livre est tant l’histoire de cette quête de l’Égypte que celle des multiples difficultés rencontrées . Naufrages, abordages, crainte des galères, peur des momies et des objets égyptiens embarqués à bord  des tartanes ou des vaisseaux, tempêtes violentes forment le quotidien d‘un monde de pèlerins, de marins et de marchand.

Préface de Kryzstof Pomian, philosophe, historien, Directeur de Recherche au CNRS, auteur de Collectionneurs, amateurs et curieux, Paris, Venise : XVIe –XVIIIe siècles, Paris, Gallimard, 1987.