L’Odyssée D’Aigyptos

Le sceptre et le spectre

Savons-nous que le mot Égypte vient du grec Aigyptos ? que celui-ci calque le nom religieux de Memphis ? qu’il acquit son statut littéraire dans L’Odyssée, composition où déjà, pour les navigateurs du temps d’Homère, il était synonyme de contrée lointaine, inaccessible et dangereuse ? Longtemps !
Ayant brandi son sceptre aux temps des Sésostris, des Aménophis et des Ramsès, l’Égypte, défaite par les Perses, les Grecs puis les Romains, fascina puis horrifia ses nouveaux maîtres par des cultes inquiétants. Elle devint un spectre repoussant pour les auteurs grecs et latins, les rédacteurs de la Bible, les Pères de l’Église, — enfin, les philosophes des Lumières.
Prolongement de l’Afrique en Méditerranée, visage obscur de croyances redoutées, l’Égypte représenta le paradigme du maléfice, de l’occultisme et de la magie. Pour l’Église, elle conjugua surtout polythéisme et dépravation, et ainsi malgré les siècles continua d’être frappée du double sceau de l’infâmie et de la duplicité.
Ce livre évoque, entre 1500 avant notre ère et aujourd’hui, l’histoire d’Aigyptos et des étranges créatures littéraires auxquelles il a donné naissance.